Enquête FFPABC : le BC confiné

Après un mois à peine de confinement, nous avons souhaité faire un point avec nos adhérents à propos de l’effet confinement : distanciel, tendances commerciales, aides du gouvernement, perception de l’avenir…Vous avez été près de 40 à répondre à notre enquête en dépit d’un contexte plein d’incertitudes et nous vous en remercions.

Quelle est votre pratique du distanciel et du digital ?

Le constat est clair : très peu d’adhérents de la FFAPBC travaillaient en distanciel. Il faut dire que les membres de la FFPABC sont des petites structures qui cultivent la proximité et le contact direct. Quelques exceptions notables toutefois : ceux qui avaient intégré le digital comme le pilier de leur business model

Comment vos clients gèrent t il le distanciel ? Poursuite ou pas des prestations ? Sinon pour quel motif ?

Le distanciel , contraint, est plutôt bien accueilli par les clients en cours. La poursuite des prestations engagées est assez variable, de 50 à 90 %. Les motifs de report de prestations sont liées principalement au sous équipement informatique/réseau ou au manque de compétences, à la situation familiale de confinement (beaucoup de nos clients sont des clientes) ou à la situation professionnelle, notamment pour les professionnels « essentiels » au bon fonctionnement de la nation. En outre le dernier volet des bilans de compétence étant liés à un travail de recherche et d’enquête avec des professionnels et des OF pour les reconversions, cette partie est souvent suspendue pendant le confinement.

Étiez vous prêt au distanciel ? Sinon, comment avez vous géré la transition ?

Une partie des conseillers BC n’est pas sensible au distanciel, privilégiant systématiquement les contacts directs, en face à face. Néanmoins, un grand majorité des CBC, y compris ceux dont les prestations n’étaient pas digitalisées ont franchi le cap, dans l’urgence, et souvent en faisant preuve de créativité. C’est une accélération du passage au digital et au distanciel que provoque le confinement.

Comment percevez vous la tendance actuelle sur le plan commercial et quel impact sur votre vision 2020-2021 ?

Les prévisions de CA sont en berne : dans les prestations de cette nature, la facturation est faite à l’issue. En conséquance, avec une chute des demandes liées au confinement en Mars/Avril, les prestataires BC seront en difficulté à l’horizon Aout/Sept avec une facturation proche de 0. Les visions de la reprise liée au déconfinement avec une forte concentration sur le court terme des actifs occupés (reprise du travail, appropriation des nouvelles contraintes, priorités sur le reseau amical et activités hors chez soi…) laisse craindre une reprise graduelle et lente, et donc des difficultés étalées jusqu’au moins la fin de l’exercice 2020.

De quelles mesures d’aide gouvernementale pouvez vous ou avez vous bénéficié : aides, reports charges, report de contraintes etc…?

Une partie de nos adhérents bénéficient de l’aide de 1500€ et des reports de charge….pour une raison simple : la chute de CA est attendue plus tard, nos cycles de vente étant plus long que ceux d’un restaurant ou d’un coiffeur par exemple.

Que souhaitez vous ajouter ?

Si le confinement peut être vécu comme une opportunité de se réinventer, et notamment avec le passage au distanciel, la profession est particulièrement inquiète pour l’avenir. Pour les bénéficiaires de BC, il n’est pas évident de se projetter alors que les échéances, la visibilité économique donnée dépasse à peine l’été prochain. En ce qui concerne les prestataires, après la réforme 2018, la transition dans les modalités de financement en 2019, la mise en concurence déloyale avec le CEP et la crise actuelle, l’avenir est de plus en plus incertain. Si la crise est une opportunité de passer au digital, n’oublions pas que le digital n’est qu’un moyen de mettre en place une prestation, et que, sans une demande de cette prestation d’accompagnement, les prestataires ne pourront que fermer boutique.

David ZOUTE – Président FFPABC

Commentaires récents